Retour dans le Var

Pour le plaisir des yeux, un retour sur l’une des toutes premières réalisations importantes de Mallet-Stevens…

à savoir la Villa Noailles construite à Hyères, dans le Var. Pour cette commande du Vicomte de Noailles et de son épouse, ce sont d’abord Ludwig Mies van der Rohe et Le Corbusier qui sont consultés. Mais face à un refus et à des divergences de vues, les Noailles font confiance à Mallet-Stevens pour leur construire cette “petite maison dans le Midi”, érigée entre 1923 et 1925. Charles, vicomte de Noailles, déclare : « Je veux le soleil le matin dans les chambres à coucher et le soleil de l’après-midi dans le salon, parce que c’est pour avoir le soleil que j’irai dans cette maison ». Il ne fut pas déçu.

Une partie de la Villa Noailles en fin de chantier… en attente du second œuvre.

 

Ci-dessus, une vue générale de la Villa avec, à gauche, la piscine intérieure construite au second étage et, à droite, en contrebas, le jardin principal.

 

Le jardin principal, précisément, est en fait un jardin-terrasse ceint d’un mur donnant sur le paysage de la côte hyéroise. Quand on sait l’intense collaboration de Mallet-Stevens avec le cinéma et son décor, on ne peut que penser à autant d’écrans ouverts sur des moments de vie…

 

Retour sur l’extraordinaire piscine intérieure de la Villa, fermée sur l’un de ses côtés, par des baies vitrées coulissantes ouvrant sur l’une des terrasses du troisième étage. Ce grand bassin à vocation sportive et ludique était également éclairé par les cubes de verre ajourant le plafond en structure de ciment armé. L’aspect “hygiéniste” du projet s’illustre parfaitement ici – sans oublier la belle simplicité des fauteuils-transats bordant le plan d’eau. On remarque, sur le mur du fond, une horloge intégrée au mur qui n’est pas sans rappeler les modèles que Mallet-Stevens dessinera quelques années plus tard pour la Villa Cavrois de Lille.

 

 

 

La Villa telle qu’elle est aujourd’hui, photographiée de nuit. On distingue à l’étage, à droite, un petit volume habillé d’un drapé en arrière-plan : à l’origine, c’était une simple chambre ouverte sur trois côtés (voir ci-dessous), qui permettait de profiter des vents estivaux et de la piscine, située au quatrième et dernier étage de la Villa.

 

 

 

 

Cet escalier intérieur traverse la quasi totalité de la Villa Noailles, construite sur un terrain en pente partiellement comblé. On voit bien sur ce cliché d’époque, l’important différentiel d’étagement des quatre plans qui organisent le bâtiment.

 

 

Pour la pointe de la Villa, Mallet-Stevens demanda à un architecte et collaborateur – Gabriel Guévrékian – de dessiner un jardin cubiste combinant flore locale et graphisme. La vue en noir et blanc montre le résultat en 1928 (avec la sculpture de Jacques Lipchitz intitulée “la Joie de Vivre”, retirée depuis), la photo couleur dévoilant cet espace tel qu’il est présenté aujourd’hui.

 

 

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